Scrum : pourquoi je n’utilise plus les points ?

Dans la méthodologie Scrum, il est de coutume d’estimer la charge de réalisation des tâches avec d’autres unités que le temps, notamment les points.

Valeur métier VS complexité

Deux indicateurs peuvent caractériser une user-story : la valeur métier et la complexité.

Le premier indicateur, la valeur métier, indique la quantité de valeur apportée par la fonctionnalité décrite par une user-story. C’est un outil du Product Owner.
Dans la réalité, j’ai rarement vu des stories avec une valeur métier définie explicitement et issue d’une vraie réflexion. C’est souvent l’ordre des stories dans le backlog qui témoigne de leur importance pour le métier. Toutefois, si le PO souhaite définir précisément la valeur métier de ses stories, il peut utiliser le barème de son choix, notamment les points.

Le deuxième indicateur, la complexité, est défini par l’équipe de développement. Elle indique la quantité de travail nécessaire pour réaliser la fonctionnalité décrite dans la story. Elle est utilisée par le Scrum Master pour définir le périmètre des sprints (ce qu’on peut embarquer) et par le Product Owner pour évaluer la rentabilité d’une story (ce qu’on veut embarquer).

Comment définit-on la complexité ?

La valeur de la complexité d’une user-story est estimée par l’équipe de développement lors du poker-planning. Si on veut que ces estimations soient les plus fiables possibles, il faut :

  • une story précise et détaillée
  • une équipe compétente
  • une négociation avec le PO

Lorsque ces critères sont réunis, l’équipe a normalement suffisamment de maîtrise et d’informations pour donner une estimation de la complexité en temps.

Les points sont trop abstraits pour les décideurs

Les décideurs ne comprennent pas les points. A un certain niveau de hiérarchie, les décideurs ne sont ni agiles ni autre chose. Ils veulent juste savoir quand et pour quel prix ils obtiendront le logiciel qu’ils ont commandé !

Donnez-leur l’estimation d’une fonctionnalité en point, vous aurez les gros yeux et la sempiternelle question : « Et ça représente combien de temps ça ?! ».
Comme vous êtes convaincu que l’Agilité c’est bien (je le suis aussi), vous allez essayer de leur expliquer pourquoi vous estimez en points, comment vous remplissez vos sprints… Ils finiront par faire un produit en croix (une règle de 3) pour trouver le nombre de jours.

Pragmatisme

J’ai donc décidé d’arrêter de me ridiculiser lors des comités de pilotage et de travailler sur les 3 critères cités précédemment afin d’être en mesure d’estimer en temps.

Et ça marche, même avec une équipe qui manque de maîtrise. Les premières estimations seront peut-être moins précises mais cela doit s’améliorer au fil des sprints. Dans ce cas, sécurisez en prenant un peu de marge.

 

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